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Figaroscope

Je peins
sur le plaisir

Un article consacré à Jean-Christophe Robert et à sa manière de faire entrer le quotidien dans la peinture.

Galerie Jennifer Flay · 7, rue Debelleyme, Paris 3e. Texte signé J.-L. P.

Des lunettes à monture noire accentuent un regard en éveil, prompt à saisir tout ce qui vibre et vit. Du quotidien au plus banal. Et, parce qu'il est peintre, Jean-Christophe Robert en transcende l'existence, pousse objet et personnage vers une identité que seule la peinture peut leur révéler.

L'homme est souriant, et fait du rire le point de départ d'une réflexion qu'il pousse vers le sérieux. Sans gravité naviguant du plaisir au délice. « La personne que je peins m'intéresse plus que la peinture, dit-il, celle-ci est toujours à son service. Je laisse de côté la recherche plastique parce que je me sens plus préoccupé par l'idée de nature morte à la manière de Cézanne. Dans un tableau il faut supprimer toutes les informations superflues pour accéder à l'archétype. Je peins sur le plaisir. »

Ce plaisir est sournois, calfeutré dans une démarche élaborée au sein même de l'histoire de la peinture. « Le fond et le support sont autant d'informations sur la personne que je peins, précise-t-il. Ils forment une histoire commune. »

Cette histoire, il nous la transmet dans sa plus cinglante banalité. Sans ironie. Sans jugement morale. Avec une tendresse cachée. Ses personnages comme ses paysages, où la voiture tient lieu de repère historique, sont d'abord l'expression d'une connivence intime. Jean-Christophe Robert doit connaître ces hommes et ces femmes qui posent pour lui. Il observe la manière dont ils se tiennent, ce que décèle leur corps, la gêne, le plaisir. Il exclue tout romantisme. « Je préfère vivre dans le quotidien », dit-il.

J.-L. P.
Figaroscope · Galerie Jennifer Flay, 7, rue Debelleyme (3e).